Par l'équipe locale désertdagafay.com · Mis à jour le 15 septembre 2026
Dernière oasis avant le Grand Sud, M’Hamid El Ghizlane marque la fin de la vallée verte du Draa et le vrai début du Sahara, point de départ des grandes traversées vers l’Erg Chigaga.
M’Hamid El Ghizlane, « la plaine des gazelles », est le dernier village permanent au seuil du désert. Ses palmeraies, ses cultures d’oasis et ses maisons de terre forment un îlot de vie à l’extrémité de la vallée du Draa, là où s’arrête la route goudronnée. On y respire encore l’atmosphère des anciennes étapes caravanières, quand les convois partaient pour Tombouctou et les profondeurs du Sahel.
Au-delà du village, le monde change de nature : les dernières palmeraies s’espacent, puis disparaissent, et la hamada caillouteuse laisse place aux premières crêtes de sable. Les longues traversées à dos de dromadaire rejoignent la cuvette de l’ancien lac Iriqui avant d’atteindre le massif de l’Erg Chigaga. Pour qui veut goûter à la solitude absolue, c’est ici que tout commence.
Pour désertdagafay.com, M’Hamid est le camp de base des aventures de deux à quatre jours : caravanes de dromadaires, bivouacs nomades en pleine désolation, feu de camp sous les étoiles et dictée du silence. Une halte au village permet aussi de rencontrer une communauté qui vit au rythme de l’oasis et du désert.
Le cœur du village, autour de la place et des cafés à ciel ouvert, garde une étonnante vitalité : échoppes d’épices, vendeurs de thé, guides chameliers qui proposent leurs caravanes et enfants piaffant d’impatience à la tombée du jour. Le soir, la grande palmeraie s’illumine de douceur, entre chants d’oiseaux, appels à la prière et discussions au son des braises. On y vit au rythme de l’eau, des dattes et du vent.
À table, l’oasis offre une cuisine franche et généreuse : couscous aux légumes du jardin, tajines simples, dattes de la palmeraie, pain cuit au feu de bois et thé à la menthe servi à toute heure. Une balade au crépuscule entre les canaux d’irrigation, à la lumière des dernières palmeraies, achève de donner à M’Hamid son caractère de bout du monde, à la fois humble et inoubliable.
Au quotidien, la vie de M’Hamid s’organise autour des besoins immédiats de l’oasis : entretien des canaux, soin des palmiers, élevage des chèvres et petit commerce. L’eau, distribuée par les seguia, est ici un bien précieux que l’on partage et dont chacun parle avec respect. Les enfants vont à l’école du village, les femmes préparent le pain et les rendez-vous se prennent à la fraîche, autour d’un thé que l’on sert longuement. Pour les amateurs de silence et de grand air, M’Hamid se révèle aussi un lieu d’observation privilégié : les plans d’eau de l’Iriqui, quand ils se remplissent, attirent flamants roses et oiseaux migrateurs, tandis que les crêtes de sable offrent des perspectives infinies sur la hamada et sur les dernières grandes caravanes que l’on croise parfois sur les pistes.
S’aventurer à M’Hamid demande un peu de préparation : l’eau est rare hors du village, le soleil tape fort et les pistes se lisent difficilement sans guide. C’est précisément ce qui fait le prix de l’expérience. Les agences locales proposent des départs encadrés, des nuits sous tente nomade ou en bivouac, et toutes les formules pour découvrir Chigaga en douceur. Au retour, on savoure la douche bien méritée et un repas copieux avant de remercier ses hôtes, laissant derrière soi le souvenir d’un bout du monde où le temps semble suspendu.
Quelques pas suffisent d’ailleurs pour goûter, dès le seuil du village, la quiétude du désert, où seule la brise déplace le sable et où la nuit enseigne aux passions la valeur du silence.
Le départ au petit matin, quand les ombres sont encore longues, reste le moment le plus émouvant du séjour.
Une étape à M’Hamid commence par la traversée de la palmeraie, entre canaux d’irrigation, jardins potagers et maisons de terre, à l’heure où la fraîcheur matinale révèle tous les détails de la vie oasienne. On rejoint ensuite la place centrale pour rencontrer les guides chameliers, préparer l’expédition et choisir les dromadaires. Le choix se fait entre une courte promenade près du village, idéale pour les familles, et une vraie caravane de plusieurs jours vers le Chigaga, réservée aux amoureux du désert.
En fin d’après-midi, on s’éloigne du village pour gagner les premières dunes ou un campement nomade posé sur les hauteurs, face à la plaine de l’ancien Iriqui. La marche d’approche, baignée par la lumière dorée, prépare au grand saut dans la solitude. Le dîner se partage autour du feu, sous un ciel qui noircit et se constelle rapidement ; la nuit au camp est le moment le plus intense, entre hurlements du vent et silence absolu, ponctué par les récits des guides autour des braises.
Le lendemain, après le lever du soleil sur les crêtes, on redescend vers l’oasis, les narines pleines de l’odeur du thé au feu de bois. Une dernière marche au bord des palmeraies, un thé chez un habitant, la visite d’un potager ou d’un marché de village, et l’on reprend la route du Draa, la tête pleine des immensités entrevues et du désir d’y revenir.
C’est la dernière oasis habitée en permanence : au-delà, il n’y a plus de villages ni de route goudronnée, seulement des pistes vers le Chigaga et le désert ouvert.
À dos de dromadaire, comptez deux à quatre jours de traversée ; en 4x4, quelques heures de piste à travers l’ancienne plaine de l’Iriqui.
Oui, de nombreuses familles y entreprennent de courtes expéditions ; la première nuit en camp désertique reste néanmoins un grand moment d’isolement.
Oui, le village compte des maisons d’hôtes simples et chaleureuses dans les palmeraies, avant ou après une nuit en campement dans les dunes.
Prévoyez des vêtements couvrants, de l’eau, un chapeau et un sac léger : les nuits sont fraîches, les heures chaudes exigeantes, et le confort reste minimal.
Un souk animé se tient régulièrement, où les nomades et les oasiens échangent dattes, bétail, tissus et objets de la vie quotidienne.
Oui, une demi-journée suffit pour marcher dans la palmeraie, visiter le village et s’imprégner de l’atmosphère avant de rebrousser vers Zagora.